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En exploration, le fauteuil abandonné est pour moi un objet phare, devenu une figure de style presque mythique. Il suggère l'ancienne présence de l'humain, son mode de vie, ses foncions, ses moments de pause, ses réflexions, il incarne le fantôme de l'occupant, l'esprit rode toujours, le lieu est en quelque sorte encore habité ... Le rouge se retrouve également dans des lieux qui ont eu des vécus significatifs, de standing, de noblesse ou parfois des fonctions plus sobres, la matière même du fauteuil nous l'évoquera ... du satin au formica, même destin mais les histoires diffèrent. La couleur rouge délimite à elle seule un espace hors du quotidien, un espace de cérémonie. Le rouge est la couleur du sang, de la vie et de la chaleur. Placé au milieu d'un environnement gris, poussiéreux ou délabré, le fauteuil rouge crée un choc visuel immédiat.

A la fois contraste chromatique et de style, le fauteuil n'est plus seulement un meuble, mais un vecteur narratif puissant.   




Le pouvoir de décision

Dans un bureau, un fauteuil de direction rouge marque immédiatement l'autorité et une personnalité affirmée qui n'a pas peur d'être vue, du pourpre romain aux trônes royaux, le rouge symbolise la domination et la richesse, il devient place centrale, celle de celui qui décide.


Bureau de direction - Usine abandonnée en Allemagne
Bureau de direction - Usine abandonnée en Allemagne

Le point focal

Dans une pièce où tout se décompose en nuances de beige, de gris, ou le sombre règne ... le rouge attire l'œil comme une anomalie, un appel, c'est le point focal, un ilot qui impacte l’œil, il représente ce qui "survit" visuellement au milieu du chaos.

Souvent, ces fauteuils, en velours ou en skaï, ont une certaine résistance. La couleur reste vive alors que les murs s'effritent, cela donne l'impression que l'objet refuse de mourir, l'aspect dramatique est à son comble. Une forme de passion destructrice se résume entre le délabrement et une couleur qui sanctifie les lieux.


Manoir à l'abandon en Belgique
Manoir à l'abandon en Belgique

Le spectacle est fini

A l'opéra et au théâtre, les fauteuils ne sont pas qu'une tradition esthétique. Le rouge est la dernière couleur que l'œil humain discerne lorsque la lumière baisse, facilitant l'immersion dans le noir. Symboliquement, il prépare l'esprit à l'exceptionnel, au drame et à l'émotion. Dans un théâtre abandonné, ceci est parfait pour le ressenti et l'émotion de la visite ...




L'esprit des lieux

Un fauteuil vide est par définition une forme qui attend un corps. Dans un lieu abandonné, on va à un moment donné se poser la question de qui était la avant , comment vivait il ? ... cette présence invisible est souvent marquée par les photos aux murs, les bustes, les tableaux mais le fauteuil et sa souveraineté "rouge" sonne encore plus fort désignant l'occupant et l'esprit des lieux, on se rapprocherait presque de l'effet "Uncanny".


Villa Italienne à l'abandon
Villa Italienne à l'abandon

La Symbolique de la Chute

Le rouge est historiquement lié au luxe (théâtres, châteaux, hôtels particuliers). Voir un fauteuil rouge dégradé, c'est assister à une certaine déchéance du prestige. Forme symbolique de faste oublié, un fauteuil rouge à moitié éventré symbolise la fin de la culture, du spectacle et de la vie sociale. C'est une métaphore du temps qui dévore les ambitions humaines. On assiste à un décor de tragédie, la pièce abandonnée devient scène de théâtre où la pièce est terminée depuis longtemps.


Magnifique fauteuil dans une villa en Italie
Magnifique fauteuil dans une villa en Italie

L'évidence photographique

Dans cette série de fauteuils rouge, le contraste apporté par la couleur associé aux autres couleurs ternes est une belle contradiction, cela s'associant à ces lieux qui ont vécu, qui ont vu passé du monde et maintenant à l'état de désert, ou encore des endroits parfois prestigieux qui deviennent poussières, un véritable delta paradoxal se présente et j'aime shooter ce genre d'oxymore. La session photographique se transforme alors en balade mélancolique



Gustave Flaubert


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A très bientôt,

Manu



 
 
 

Dernière mise à jour : 1 avr.

Quand je me promène dans les rues de Budapest, surtout dans les arrondissements V, VI, VII, VIII et IX, je me sens happé par le cœur sacré de la ville. Les façades austro-hongroises, monumentales, me fascinent. Mais la vraie ville, celle qui murmure ses secrets, ne se trouve pas sur la rue. Elle se cache derrière les portes cochères.




Une Exploration Éphémère


Durant environ 48 heures, j'ai arpenté ces quartiers, m'amusant à deviner ce qui pouvait être intéressant à visiter en fonction des façades. Certains immeubles, parfois ouverts, étaient accessibles. Mais le jeu, pour la majorité, résidait à attendre qu'une personne sorte pour me faufiler et découvrir, comme un enfant qui déballe un cadeau, quelle cour m'attendait à l'intérieur. Chaque immeuble historique, appelé bérház (maison à louer), s’organise autour de ces cours intérieures. Ce n’est pas un détail esthétique : c’est le principe fondamental de l’habitat urbain à Budapest entre 1850 et 1914.


L'explosion démographique due au Compromis austro-hongrois de 1867 a transformé la ville, la faisant passer d’une cité provinciale à une métropole européenne en quelques décennies. Les cours intérieures répondent à trois contraintes : densifier la ville rapidement, loger plusieurs classes sociales dans un même bâtiment et amener de la lumière dans des îlots urbains extrêmement compacts. Le modèle vient en grande partie de Vienne, héritière des palais italiens de la Renaissance (palazzo), mais il est adapté à une ville beaucoup plus dense.


Contrairement à Paris, Budapest n’a pas d’immeuble haussmannien homogène : un seul immeuble peut contenir plusieurs dizaines de logements. Cette société verticale révèle aussi, dans les cours, une hiérarchie sociale. Le rez-de-chaussée côté rue abrite souvent des commerces, cafés, ateliers, parfois des écuries autrefois. Le 1er étage (l’étage noble) présente de grands appartements bourgeois avec plafonds de 4 mètres, parquets, stucs... Les étages supérieurs sont des logements plus modestes, tandis que l'aile sur cour et le fond de parcelle sont réservés aux ouvriers, domestiques et petits ateliers. La cour n’était pas décorative : c’était une machine sociale. On y lavait le linge, les enfants y jouaient, les artisans travaillaient, les voisins observaient les voisins.


Un Mélange Architectural


Budapest est un véritable kaléidoscope architectural. Les influences sont d'un mélange très caractéristique :

  • Renaissance italienne (organisation en quadrilatère),

  • Baroque viennois,

  • Éclectisme du XIXe siècle,

  • Puis Sécession hongroise (Art nouveau national) avec Zsolnay, céramiques colorées, ferronneries végétales.


La particularité budapestoise : la cour est souvent très profonde et verticale. Les façades sur cour sont presque aussi travaillées que celles sur rue, signe que les habitants passaient plus de temps là que sur les trottoirs.



La Verticalité des Cours Intérieures


Ce qui m'impressionne dans les cours intérieures de Budapest, c’est leur hauteur vertigineuse. Souvent étroites, mais entourées de quatre ou cinq étages de galeries superposées, elles donnent l’impression d’un véritable puits de lumière urbain. Moi qui aime prendre des photos en "bottom" (orthogonal), j'ai pu ici m'amuser à cet exercice et ainsi rendre un peu cette impression de hauteur ainsi que les matériaux utilisés.


Cette verticalité répond d’abord à un besoin de densité. À la fin du XIXᵉ siècle, la ville grandit rapidement et l’on construit en profondeur sur des parcelles longues et étroites. Monter permet de loger plus d’habitants sans étendre la ville. Elle a aussi une fonction pratique : la cour agit comme une cheminée naturelle, favorisant la lumière et la circulation de l’air. Enfin, cette hauteur crée un effet théâtral. Les galeries, escaliers et ascenseurs visibles mettent en scène la vie quotidienne. Les voix résonnent, les regards se croisent d’un étage à l’autre. À Budapest, la cour n’est pas seulement un espace intérieur : c’est un vide vertical qui structure toute la sociabilité de l’immeuble.




Les Ascenseurs : Symbole Révolutionnaire de Modernité et de Statut


Budapest est une ville étonnamment précoce pour les ascenseurs. Entre 1890 et 1910, installer un ascenseur devient un argument immobilier majeur. La ville veut rivaliser avec Vienne, Berlin et Paris. Mais l’ascenseur n’est pas seulement technique : il marque la position sociale dans l’immeuble. L’étage noble, par exemple, est souvent sans ascenseur. Au départ, les ascenseurs n’allaient pas toujours au premier étage. Pourquoi ? Parce que la bourgeoisie considérait que monter un seul étage par un escalier monumental faisait partie du rituel. L’effort physique faisait office de filtre social. Les ascenseurs desservaient surtout les étages élevés, les appartements loués et parfois les domestiques.


Les ascenseurs anciens à cage ouverte sont un des éléments les plus typiques de Budapest. Parfois, les cabines sont encore en bois, et les structures en ferronnerie apparente sont magnifiques. On parle souvent d’ascenseurs « de théâtre ». Ils sont inspirés des technologies allemandes et autrichiennes, mais leur esthétique vient de la Sécession (Art nouveau centre-européen). Ils sont volontairement visibles dans la cage d’escalier : la modernité devait se montrer. Ils apparaissent au moment où l’électricité se généralise dans la ville (Budapest est l’une des premières villes d’Europe électrifiées). J'aime beaucoup comment s'enroulent les escaliers autour de ces ascenseurs, une courbe autour d'un axe droit et métallique. Les carrelages, les couleurs et parfois la végétation ornent ces aménagements.


La fonction sociale de l'ascenseur transforme la hiérarchie. Avant lui, plus on montait haut, plus on était pauvre (comme à Paris au XIXe). Après lui, les étages élevés deviennent attractifs : plus lumineux, moins bruyants, plus sains. Budapest fait donc partie des villes où la modernité technique modifie directement l’organisation sociale de l’habitat.




Les Escaliers : Théâtre de la Vie Quotidienne


Si la cour est le cœur, l’escalier est la scène. Ceux qui connaissent mon travail savent que je suis un addict aux escaliers dans les photos de ruines, tant pour le rendu esthétique que pour tout ce qu'ils racontent d'un point de vue historique et social. Ici, les escaliers, comme les édifices, nous racontent tout de l'histoire de la ville, ses influences, ses époques et ses multiples fonctions.


Dans les immeubles budapestois, la cage d’escalier n’est pas un espace utilitaire. C’est un espace architectural majeur. Les escaliers sont souvent monumentaux, car l’immeuble de rapport austro-hongrois est une version démocratisée du palais aristocratique. On retrouve des escaliers à double révolution, des paliers ouverts, des galeries circulantes (gangos ház). Ces galeries extérieures, qui donnent sur la cour, sont typiques de Budapest. Elles permettent d’accéder aux appartements et servent aussi de balcon collectif.


Les influences sont diverses : palais viennois baroques, immeubles berlinois (Mietskaserne) et patios méditerranéens. Mais Budapest ajoute une dimension climatique : les galeries ouvertes permettent de ventiler les appartements durant les étés chauds du bassin des Carpates. L'escalier est, comme la cour, un lieu social. Avant l’ère des interphones et des portes blindées, l’escalier était un lieu de rencontre permanent où les voisins discutaient, surveillaient, échangeaient de la nourriture, s'entraidaient, préviennent et annonçaient. On peut dire que la sociabilité de Budapest s’est construite verticalement. Aujourd’hui encore, beaucoup d’habitants passent plus de temps à discuter sur le palier que dans un salon. C’est une architecture conçue pour voir et être vu.




Conclusion : Une Ville à Découvrir Autrement


Pour résumer, les immeubles historiques de Budapest ne sont pas seulement un style architectural. Ils constituent un système urbain complet hérité de l’Empire austro-hongrois : une ville dense, collective et hiérarchisée, mais étonnamment moderne pour son époque.


  • La cour : organise la vie commune.

  • L’ascenseur : introduit la modernité sociale.

  • L’escalier : maintient le lien humain.


Comprendre ces bâtiments, les photographier, c’est comprendre Budapest elle-même. C'est la visiter autrement. C'est une ville qui n’existe pas seulement dans ses avenues monumentales, mais dans ses espaces partagés, cachés derrière de lourdes portes cochères. C'est aujourd'hui mon meilleur souvenir de cette ville où j'ai joué à cache-cache avec les architectures cachées d'un quartier à l'autre...



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MANU

 
 
 

verrière art déco et sa végétation à l'abandon
Jardin d'hiver ART DECO abandonné - Manoir en France

Les serres et jardins d’hiver ont une histoire étroitement lié à l’évolution des techniques de construction et au rêve d’acclimater des plantes venues d’ailleurs. Les premières tentatives remontent à l’Antiquité romaine, mais ce n’est qu’au XVIIe siècle que les orangeries se diffusent en Europe : de vastes bâtiments en pierre et grandes fenêtres orientées au sud, conçus pour protéger les agrumes dans les domaines aristocratiques.

Au XVIIIe siècle, l’usage accru du verre et les premiers systèmes de chauffage permettent l’apparition des véritables serres. Elles deviennent des espaces d’expérimentation botanique et annoncent un tournant esthétique. Mais c’est au XIXe siècle, grâce à la révolution industrielle, que ces structures connaissent leur âge d’or : le verre industriel et les charpentes en fonte permettent des volumes lumineux et aériens. C’est l’époque des serres victoriennes, reconnaissables à leurs armatures ornées, leurs verrières élancées, leurs détails en fonte et leur silhouette élégante. Ce style, à la fois fonctionnel et décoratif, influence durablement l’architecture des jardins d’hiver dans toute l’Europe.






Différentes tendances émergent : des serres de style Art nouveau, aux lignes courbes et à l’inspiration végétale, typiques de la fin du XIXe siècle ; et également des serres Art déco, plus géométriques et épurées, dans l’entre-deux-guerres.

Au XXe siècle, des structures modernistes en aluminium et verre, privilégiant la transparence et la légèreté.

La démocratisation des matériaux, le double vitrage et l’évolution des modes de vie transforment progressivement ces espaces en vérandas et extensions vitrées. Aujourd’hui, les serres réapparaissent sous des formes variées : orangeries contemporaines, structures inspirées du style victorien, jardins d’hiver minimalistes ou encore serres bioclimatiques intégrées à l’architecture durable. Elles ne sont plus seulement des lieux techniques destinés aux plantes, mais de véritables pièces de vie où se mêlent design, lumière et confort, prolongeant le lien entre habitation et nature.


"LOST GREEN HOUSE" , c'est aussi la démonstration d'autres tableux d'arts, d'autres verrières qui se présentent sous formes de vitraux d'une finesse sans pareil, seuls objectifs décoratifs et d'entrées de lumières, les plantes sont mises à l'honneur dans le dessin lui même pour rappeler une époque, une inspiration...

D'autres plus simples, restent remarquables pour leurs caractéristiques techniques, indicateurs de certaines époques, cela reste de véritables décors de cinéma, le voyage est assuré...



sal de balle abandonnée en Allemagne
Salle de Réception à l'abandon - Hotel particulier - France 2021




En espérant que ces verrières vous ai donné des envies de nature et d'évasion ... elles sont accessibles ! Retrouvez ces images sur le site pour décorer votre intérieur ou alors également en format calendrier pour 2026 ! Cliquez sur les images ci dessous pour un calendrier ou un tirage.

A très bientôt





 
 
 
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