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Concrete Feather
Capitales d'Europe
C’est en arpentant les rues et les paysages urbains qu’une idée m’est venue : il suffisait parfois de lever les yeux pour que l’architecture change de nature. Face au gigantisme des édifices, aux façades et aux structures qui s’entremêlent, je découvre une étrange sensation de fuite. Béton, acier, fenêtres et ouvertures composent un paysage vertical qui semble vouloir s’échapper jusqu’au ciel, là où les oiseaux ont trouvé leur liberté. Alors, pourquoi ne pas donner des ailes à ces masses de béton ? L’idée s’est concrétisée simplement, au fil des rues, avec un téléphone portable comme seul outil. CONCRETE FEATHER est né de cette rencontre entre la pesanteur de l’architecture et la légèreté du regard, une invitation à voir dans le béton une forme d’apesanteur, presque onirique.
floating
Floating Entity
Vues d’en dessous, les architectures changent d’échelle. Les lignes de fuite étirent les volumes, les perspectives se croisent et donnent au béton un étrange dynamisme. J’ai toujours été attiré par le minimalisme et par la puissance d’une silhouette isolée dans l’espace. Ici, figures humaines et constructions dialoguent avec le ciel dans une composition où les repères se brouillent. Je détourne ainsi les lois de la perspective pour créer un jeu presque surréaliste, comme une 3D impossible où les architectures semblent flotter et où, l’espace d’un instant, les lois de Newton semblent suspendues.

Brutalfly
Brutal Fly
Le ciel devient ici le berceau de ces architectures de béton, de petits vaisseaux cimentés dérivant dans l’azur, quelque part entre cabanes futuristes et Ovnis cinématographiques. Dominée par les bleus froids du ciel, la matière se dépouille de sa lourdeur. Ces modules maçonnés deviennent légers, presque soyeux, comme une étrange métrique suspendue. À la frontière de la stratosphère, ces cailloux géométriques semblent voguer de nuage en nuage, avec leur brutalisme nonchalant, prêts à crever le ciel dans leurs dérives.

Granite Smile
Granite Smile
Les expérimentations menées pour CONCRETE FEATHER m’ont conduit bien au-delà de ce que j’avais imaginé. Contre-plongées, miroirs, fractales et cadrages hasardeux ont fait émerger des visages là où je ne les cherchais pas. Au gré des déclenchements, les architectures se sont mises à sourire, grimacer, observer. Des expressions fugitives, presque humaines, sont apparues dans le béton, révélant un bestiaire aussi inattendu que fantasmé. Ces apparitions appartiennent d’abord à mon imaginaire. Je choisis donc de les dévoiler à travers mes propres interprétations, comme un guide qui donne un nom à ce qu’il est le seul, peut-être, à avoir vu. Des titres volontairement familiers viennent alors ancrer ces créatures improbables dans une culture commune.

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